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LE BLOG DE LA VENTE

"On verra ça à la rentrée" (Aïe !) Comment accélérer le closing ?


Quel commercial n’a jamais entendu cette phrase qui semble anodine. Et pourtant l'une des plus coûteuses à entendre en cette période.

Cette réponse n'est pas un problème de calendrier. C'est le symptôme d'un processus de vente inachevé.


Quand un prospect reporte sa décision à septembre, il ne manque pas de temps. Il manque de conviction, d'urgence ressentie, ou de légitimité interne pour décider maintenant. Et ça, c'est rarement sa faute.


Voici ce que disent les données et ce que j'observe sur le terrain.

53 % des acheteurs B2B déclarent que leur plus grand obstacle à la décision est la complexité du processus interne, selon Challenger Inc. Ce n'est pas le prix. Ce n'est pas la qualité de l'offre. C'est l'absence de chemin clair vers la signature. Et ce chemin, c'est au commercial de le tracer et pas au client de le découvrir seul.


Dans une décision d'achat B2B typique, 6 à 10 décideurs sont impliqués en moyenne, selon Gartner. Ignorer ces acteurs dans la phase de closing, c'est laisser l'affaire se noyer dans un comité dont vous ne connaissez ni les membres, ni les critères, ni les calendriers.


Alors, concrètement, comment accélère-t-on une décision avant que l'été ne l'enterre ?


Première réponse : rendre visible le coût de l'inaction.

C'est le principe central du Challenger Sale de Dixon et Adamson : le vrai concurrent d'une proposition commerciale n'est presque jamais un concurrent direct. C'est le statu quo. Tant que le prospect ne perçoit pas ce que lui coûte concrètement d'attendre, en chiffre d'affaires non réalisé, en coûts évitables, en avantage concurrentiel perdu, il n'a aucune raison de décider maintenant. La question à poser n'est pas "êtes-vous intéressé ?" mais "que se passe-t-il dans votre activité si vous ne traitez pas ce sujet avant septembre ?"


Deuxième réponse : utiliser les questions d'implication.

Neil Rackham, dans ses travaux fondateurs sur la méthode SPIN, validés sur plus de 35 000 entretiens commerciaux, a démontré que les commerciaux les plus performants en vente complexe ne créent pas l'urgence par des arguments. Ils la font émerger par des questions sur les conséquences. "Si ce problème n'est pas réglé d'ici la rentrée, quel impact cela aura-t-il sur votre organisation ?" La réponse appartient au prospect. Et c'est précisément pour ça qu'elle est irrésistible.


Troisième réponse : construire une urgence réelle, jamais artificielle.

L'urgence maîtrisée repose sur la mise en avant d'une échéance réelle : un créneau de démarrage limité, une disponibilité d'équipe, une contrainte de planning.

Bien utilisée, cette méthode n'a rien de manipulatoire car elle repose sur une contrainte concrète et non inventée. Promettre une remise de dernière minute pour forcer la signature est à la fois inefficace et nuisible à la relation. Expliquer que votre capacité d'accompagnement en juillet est limitée à deux nouveaux dossiers, c'est une réalité qui change le rapport au temps.


Quatrième réponse : activer la preuve sociale au bon moment.

La preuve sociale influence 92 % des acheteurs B2B selon Gartner. Un référent client qui a vécu la même hésitation et décidé avant l'été, avec les résultats que ça a produits dès septembre, vaut dix arguments commerciaux. C'est de la réassurance sur le risque de décider maintenant plutôt que plus tard.


Cinquième réponse : formaliser les prochaines étapes dès maintenant.

Le suivi post-entretien est le maillon faible de 63 % des commerciaux B2B. Sortir d'un rendez-vous sans date, sans interlocuteur nommé, sans prochaine étape actée, c'est laisser la décision à la merci de l'agenda du prospect. Un email de synthèse avec les points validés, les questions ouvertes et une proposition de date de décision transforme un entretien en engagement. Pas une signature, un engagement de processus. Ce n'est pas la même chose, mais c'est ce qui sépare les affaires qui avancent de celles qui "verront ça à la rentrée".

 

La réalité de cette période est connue de tous les commerciaux expérimentés : les affaires qui partent en vacances reviennent rarement dans le même état. Les budgets se referment. Les priorités changent. Les interlocuteurs bougent. Le dossier qu'on pensait "chaud" en juin redevient froid en septembre.

"On verra ça à la rentrée" n'est pas une objection. C'est une invitation à reprendre le travail de fond que le processus commercial n'a pas encore terminé.

Vos commerciaux savent-ils transformer cette phrase en prochaine étape concrète ou la considèrent-ils comme une réponse définitive ?

 

Si vous souhaitez structurer concrètement les techniques de closing et de traitement des objections au sein de votre équipe commerciale, je ne peux que vous suggérer mes deux ouvrages : Le Guide de la Performance Commerciale - 99 conseils pratiques pour la vente et Pilotez le Succès Commercial - 99 conseils pratiques pour manager les ventes 😊 ou contactez-moi avant les vacances pour une approche personnalisée…

Rémi Plenier


l'acheteur qui dit : on verra çà à la rentrée

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